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Pourquoi je souffre de compulsions alimentaire, comprendre et agir

15 mars 2025

Qu’est ce qu’une compulsion

Une compulsion alimentaire est un comportement alimentaire impulsif et irrépressible. 

Les patients parlent souvent d’un épisode de “crise” de nourriture impossible à réfréner avec un sentiment de perte de contrôle. 

Si l’épisode est intense et représente des quantités importantes de nourriture on parle de binge eating en anglais ou de crise d’hyperphagie et c’est un trouble du comportement alimentaire. Dans cette situation de crise la quantité de nourriture est anormalement importante et consommée rapidement dans un temps assez court. (par exemple, le mangeur consomme 1 baguette de pain avec un fromage en entier ou plus de 1 tablette de chocolat en entier) sur une période de temps de 10 à 30 minutes par exemple. 

Les aliments choisis lors de ces crises sont des aliments sélectionnés pour leur caractère appétissant et réconfortant.

L’épisode de crise ou vécu comme une crise peut aussi être très relative : Il est tout à fait possible que le mangeur éprouve des sentiments de perte de contrôle avec des quantités relativement petites de nourriture, comme par exemple de consommer 4 carrés de chocolat sans avoir pu s’en empêcher. Dans ce contexte là il ne s’agit pas d’un trouble du comportement alimentaire tel que décrit dans le manuel DSM 5 des troubles alimentaires.

Il est donc possible d’avoir des compulsions sans souffrir d’hyperphagie boulimique : le sentiment de perte de contrôle est présent mais la quantité de nourriture consommée est somme toute relativement “normale”.

 

Les fonctions de l’alimentation 

L’acte de manger est un acte complexe aux dimensions inconscientes, autorégulé et qui répond à plusieurs besoins distincts et non opposables : 

  • un besoin nutritionnel/physiologique pour assurer l’homéostasie et l’équilibre de l’organisme en différents nutriments et énergie
  • un besoin hédonique basé sur le désir et le plaisir 
  • un besoin émotionnel (la nourriture a une fonction régulatrice sur l’humeur)
  • un besoin social, culturel et symbolique sous tendu par des normes et des règles transmises ou apprises

 

La satisfaction de ces différents besoins contribue à l’équilibre physique et psychique chez l’homme. 

On peut donc partir de l’hypothèse que si l’un ou plusieurs de ces besoins sont insatisfaits, de manière volontaire ou non, un comportement spontanément autorégulé et stable sera sujet à des dysfonctionnements. 

La nourriture intervient dans la satisfaction de tous ces besoins.

Seule la nourriture satisfait le besoin physiologique.

Les besoins hédoniques, émotionnels et sociaux peuvent être satisfaits par d’autres moyens tels que la sexualité, l’amitié et la vie sociale, la pratique du sport et des activités de loisir, les jeux, la distraction et l’amusement, la stimulation intellectuelle, les activités manuelles et créatives etc…. 

C’est en partie dans ce contexte dysfonctionnel, où des besoins sont insatisfaits, que les crises compulsives peuvent se manifester. 

 

Source

Lowe, M. R., & Levine, A. S. (2005). Eating motives and the controversy over dieting: eating less than needed versus less than wanted. Obesity research, 13(5), 797-806.

 

 

1) Je suis au régime ou je ne mange pas suffisamment par rapport à mes besoins physiologiques

 

Les êtres humains ont des besoins d’énergie de l’ordre de 1800 à 2700 kcal par jour (voir plus). Ce besoin dépend de l’âge, du sexe, de la corpulence et du niveau d’activité physique. 

La privation de nourriture et la baisse significative de l’apport calorique qui en découle exercent des effets biologiques et sur les comportements chez tous les individus.

Les signaux de faim perçus par l’organisme en réponse à l’insuffisance d’énergie créent une pression sur les comportements pour aller chercher de la nourriture.  

La restriction calorique peut prendre plusieurs formes : le jeûne, le fait de sauter des repas, de manger de petits repas ou de manger des repas hypocaloriques.

La poursuite de régime et la restriction calorique engendrent des sensations répétées de faim ce qui rend plus vulnérable aux épisodes de crises.

Une hypothèse est que le déficit calorique (se manifestant éventuellement ou non par une perte de poids) augmente la préoccupation de manger et les épisodes de perte de contrôle, ces 2 éléments représentant une adaptation psychobiologique naturelle d’un poids sous-optimal et de la privation de nourriture.

 

Dans les années 50, des scientifiques ont étudié les effets de la restriction calorique chez 36 hommes volontaires en bonne santé en les privant partiellement de nourriture et en sélectionnant celle- ci. L’étude s’est déroulée en 4 phases et a duré 6 mois au total. 

La phase 2 de semi famine a consisté en une période de 24 semaine de privation de nourriture suffisante pour permettre une perte de poids de 25% des sujets. 

Durant cette période, leur nourriture a été restreinte à 1600-1800 kcal (pour des besoins estimés à plus de 3200 kcal chez les cobayes). 

Les effets de la privation de nourriture à ce niveau calorique et sélectif a provoqué chez les individus un changement notable d’humeur, une irritabilité, une augmentation de la dépression, de l’hystérie, de l’hypocondrie, et une détresse émotionnelle. Les participants ont développé des rituels alimentaires et manifesté une préoccupation exacerbée pour la nourriture, à la fois pendant la période de semi jeûne et pendant la phase de réalimentation. L’intérêt sexuel a été considérablement réduit et les volontaires ont montré des signes de retrait social et d’isolement.

En conclusion, la semi famine et la perte de poids sont associées à des changements psychologiques et physiologiques qui favorisent les comportements compulsifs voir des comportements boulimiques.

 

Chez les patients atteints de TCA (anorexie avec crises, boulimie ou hyperphagie boulimique), une diminution des restrictions alimentaires et l’ajustement des apports caloriques au niveau des besoins est un préalable essentiel pour une réduction réussie des crises de boulimie. 

Par ailleurs, une alimentation irrégulière de moins de trois repas par jour est associée à un plus grand nombre d’épisodes de crises d’hyperphagie boulimique.

 

Sources

The Minnesota Starvation Experiment

Kalm, L. M., & Semba, R. D. (2005). They starved so that others be better fed: remembering Ancel Keys and the Minnesota experiment. The Journal of nutrition, 135(6), 1347-1352.

Wardle, J. (1987). Compulsive eating and dietary restraint. British Journal of Clinical Psychology, 26(1), 47-55.

Elran-Barak, R., Sztainer, M., Goldschmidt, AB, Crow, SJ, Peterson, CB, Hill, LL, … & Le Grange, D. (2015). Comportements de restriction alimentaire et crises de boulimie dans l’anorexie mentale, la boulimie nerveuse et les crises de boulimie : examen transdiagnostique du modèle de contention. Comportements alimentaires , 18 , 192-196.

 

 

2) Je me sens privé

 

La privation spécifique d’un aliment dans les conditions d’une alimentation restrictive semble augmenter le désir de cet aliment.

Toutefois, les études sur le sujet montrent que le désir pour l’aliment dont le mangeur est privé est de courte durée (quelques jours).

Ceci explique qu’après un certain temps, les personnes suivant un régime déclarent une diminution des envies d’aliments spécifiques lorsqu’ils ont été remplacés par des alternatives plus saines. 

La perception de privation est toutefois assez subjective.

Certains individus semblent particulièrement sensibles à leur environnement et montrent une réactivité accrue aux stimulis alimentaires (ex : la vue d’un aliment, son odeur, ou même son souvenir). Ces derniers ont rapidement la perception d’être privés lorsqu’ils ne mangent pas autant qu’ils veulent d’un aliment savoureux, et présentent des crises compulsives alors que leur apport calorique n’a pas été réduit. On peut comprendre par là qu’ils ont des difficultés à satisfaire leur faim hédonique (de plaisir) et qu’il existe une sensibilité particulière à la frustration. 

Dans ce cas de figure, il est pertinent de définir des stratégies visant à réduire l’exposition quotidienne aux aliments déclencheurs, ces derniers activant une motivation hédonique à manger excessive et parfois hors de contrôle.

 

Sources

Polivy J, Coleman J, Herman CP. The effect of deprivation on food cravings and eating behavior in restrained and unrestrained eaters. Int J Eat Disord. 2005 Dec;38(4):301-9. doi: 10.1002/eat.20195. PMID: 16261600.

Meule, A. La psychologie des envies de nourriture : le rôle de la privation alimentaire. Curr Nutr Rep 9 , 251–257 (2020). https://doi.org/10.1007/s13668-020-00326-0

Lowe MR, Levine AS. Eating motives and the controversy over dieting: eating less than needed versus less than wanted. Obes Res. 2005 May;13(5):797-806. doi: 10.1038/oby.2005.90. PMID: 15919830.

 

3/ Je souffre de troubles de l’humeur, je suis stressé ou je souffre de dépression 

 

Manger apporte du bien être à tous les êtres vivants et améliore l’humeur.  

La nourriture que nous mangeons par besoin provoque des sensations perçues par les 5 sens, et déclenche différentes réactions biochimiques au cours du processus de digestion qui sont enregistrés dans certaines zones du cerveau.

Dans de bonnes conditions, manger est initialement vécu comme une expérience agréable car elle diminue la sensation désagréable de faim et libère des hormones de satiété comme la leptine et un neurotransmetteur appelé dopamine, au centre d’un circuit cérébral appelé circuit de la récompense. 

La libération de dopamine provoque des sensations de plaisir ce qui a pour conséquence d’améliorer l’humeur. Par ailleurs, la dopamine contribue à enregistrer l’expérience alimentaire dans les centres de la mémoire à long terme ce qui favorise la répétition du comportement. 

La relation entre alimentation et humeur est bien documentée. Celle ci est bidirectionnelle : non seulement la nourriture améliore l’humeur, mais l’humeur joue un rôle majeur dans nos choix alimentaires, l’appétit et le désir de manger.

Les individus qui souffrent de dépression saisonnière, de troubles prémenstruels forts, de détresse émotionnelle ou de dépression, cherchent à réguler leur état émotionnel en s’orientant plus volontier vers une alimentation riche en glucides (sucré ou gras/sucré) ou de nombreux aliments malsains. En réalité, l’amélioration de l’humeur est réelle mais temporaire. 

Le déclenchement des crises d’hyperphagie peut être provoqué par les émotions négatives telles que le stress, l’humeur dépressive, la colère et l’irritabilité. L’ingestion d’aliments appétissants est utilisée comme autotraitement visant à restaurer un équilibre émotionnel en anesthésiant les émotions désagréables. Cette stratégie d’adaptation dysfonctionnelle est probablement apprise durant l’enfance et renforcée négativement à par l’efficacité à court terme de ce comportement qui soulage l’inconfort émotionnel. 

Alors qu’une alimentation malsaine régule l’humeur de manière temporaire, le choix d’une alimentation saine riche en fruits, légumes contribue au bien être et à la bonne humeur. Certaines études suggèrent une relation positive entre alimentation saine (comme le régime méditerranéen) et une meilleure santé mentale chez les personnes souffrant de dépression, les enfants, les adolescents, les étudiants ou les adultes.

 

Sources

Smith GP, Schneider LH. Relationships between mesolimbic dopamine function and eating behavior. Ann N Y Acad Sci. 1988;537:254-61. doi: 10.1111/j.1749-6632.1988.tb42111.x. PMID: 3059927.

https://harvardpress.typepad.com/hup_publicity/2012/05/food-and-memory-john-allen.html

De Macedo, I. C., de Freitas, J. S., & da Silva Torres, I. L. (2016). The influence of palatable diets in reward system activation: a mini review. Advances in Pharmacological and Pharmaceutical Sciences, 2016(1), 7238679.

Lowe, M. R., & Levine, A. S. (2005). Eating motives and the controversy over dieting: eating less than needed versus less than wanted. Obesity research, 13(5), 797-806.

Christensen, L. (2001). L’effet de l’apport alimentaire sur l’humeur. Nutrition clinique , 20 , 161-166.

AlAmmar, WA, Albeesh, FH, & Khattab, RY (2020). Alimentation et humeur : l’effet corresponsif. Current Nutrition Reports , 9 (3), 296-308.

Schnepper, R., Georgii, C., Eichin, K., Arend, A. K., Wilhelm, F. H., Vögele, C., … & Blechert, J. (2020). Fight, flight,–or grab a bite! trait emotional and restrained eating style predicts food cue responding under negative emotions. Frontiers in behavioral neuroscience, 14, 91.

Dingemans, A.; Danner, U.; Parks, M. Emotion Regulation in Binge Eating Disorder: A Review. Nutrients 2017, 9, 1274. https://doi.org/10.3390/nu9111274

Głąbska, D.; Guzek, D.; Groele, B.; Gutkowska, K. Consommation de fruits et légumes et santé mentale chez les adultes : une revue systématique. Nutrients 2020 , 12 , 115. https://doi.org/10.3390/nu12010115

 

 

4/ Je souffre peut être de “dépendance alimentaire”

 

L’intensité du plaisir ressenti durant l’acte alimentaire est dépendant de la quantité de dopamine libérée dans le circuit de la récompense.

Il existe des différences individuelles quant à la réactivité du système dopaminergique ce qui explique que nous ne présenterons pas tous la même vulnérabilité au risque de suralimentation compulsive. Notons également que c’est le même circuit qui est stimulé par les drogues. 

Certains individus présentent une hypersensibilité à la récompense, ceci étant révélé par la présence d’un marqueur génétique. Ces individus présentent une prédisposition génétique susceptible de favoriser la suralimentation particulièrement renforcée par l’hyperprésence de nourriture dans notre environnement actuel. Le rôle des aliments appétissants, souvent ultra transformés et stimulants, du sucre, du gras sucré/ salé et les similitudes avec l’action des drogues addictives courantes.

Les aliments appétissants, favorisent le déclenchement d’envies et une surconsommation compulsive que la raison n’est pas capable de contrôler. 

Bien que le sujet fasse débat dans la communauté scientifique, certains chercheurs émettent l’hypothèse qu’il serait possible de souffrir d’une véritable addiction ou de dépendance à la nourriture (souvent au sucre). 

Toutefois, si il n’est pas encore établi que l’addiction vraie à la nourriture existe, certains individus présentent des formes particulièrement sévères d’hyperphagie boulimique ayant des comportements très semblables à l’addiction aux substances ou comportementales. 

 

Sources 

Smith GP, Schneider LH. Relationships between mesolimbic dopamine function and eating behavior. Ann N Y Acad Sci. 1988;537:254-61. doi: 10.1111/j.1749-6632.1988.tb42111.x. PMID: 3059927.

Davis, C. (2013). From passive overeating to “food addiction”: a spectrum of compulsion and severity. International Scholarly Research Notices, 2013(1), 435027.

Davis C, Levitan RD, Yilmaz Z, Kaplan AS, Carter JC, Kennedy JL. Binge eating disorder and the dopamine D2 receptor: genotypes and sub-phenotypes. Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry. 2012 Aug 7;38(2):328-35. doi: 10.1016/j.pnpbp.2012.05.002. Epub 2012 May 8. PMID: 22579533.

De Macedo, I. C., de Freitas, J. S., & da Silva Torres, I. L. (2016). The influence of palatable diets in reward system activation: a mini review. Advances in Pharmacological and Pharmaceutical Sciences, 2016(1), 7238679.

Lowe, M. R., & Levine, A. S. (2005). Eating motives and the controversy over dieting: eating less than needed versus less than wanted. Obesity research, 13(5), 797-806.

 

5/ Je suis insatisfaite de mon corps

 

La littérature scientifique soutient qu’il existe une interrelation forte entre l’insatisfaction corporelle, la restriction alimentaire et les problèmes alimentaires tels que l’alimentation émotionnelle et l’hyperphagie

La société actuelle ne nous permet pas de rester en paix avec notre image. Elle exerce à travers les média une pression permanente pour que nous soyons performants, efficaces et conformes à une norme esthétique décrite comme désirable (grands, mince, beaux, toniques, musclé, bronzés…), or il n’y a pas qu’un type de forme corporelle, il y en a des tas de différents sur cette planète. De quoi nourrir une insatisfaction voire même un dégoût de soi même à force de comparaison à cet idéal de beauté porté en force par les réseaux sociaux. 

Malheureusement, la préoccupation excessive pour la silhouette et le poids ainsi que les ruminations autour de son apparence exacerbent les comportements toxiques pour soi et notamment les comportements d’hyperphagie. 

En effet, on a pu démontrer que plus l’insatisfaction corporelle était importante (ex : désir de peser moins, perception d’un poids excessif) plus la fréquence des comportements hyperphagiques était élevée, indépendamment du poids ou de l’âge des personnes. 

Ceci souligne que pour réduire les crises d’hyperphagie, il est utile de prendre en considération et en charge les questions relatives à l’image corporelle.  

 

Je vous invite également à lire mon article sur l’insatisfaction corporelle 

 

Sources 

Wardle, J., Waller, J., & Rapoport, L. (2001). Body dissatisfaction and binge eating in obese women: the role of restraint and depression. Obesity research, 9(12), 778-787.

Naumann, E., Svaldi, J., Wyschka, T., Heinrichs, M., & von Dawans, B. (2018). Stress-induced body dissatisfaction in women with binge eating disorder. Journal of abnormal psychology, 127(6), 548.

De França, GVA, Gigante, DP, & Olinto, MTA (2014). Hyperphagie chez les adultes : prévalence et association avec l’obésité, un mauvais état de santé auto-évalué et l’insatisfaction corporelle. Nutrition en santé publique , 17 (4), 932-938.

6) Je prends des médicaments 

 

Un certain nombre de médicaments ont des effets secondaires sur l’appétit et le poids. 

Parmi les traitements ayant des effets sur l’appétit, l’envie de nourriture ou les comportements boulimiques on citera en particulier les antipsychotiques et les antidépresseurs.  

Les antihistaminiques, les corticostéroïdes, l’insuline peuvent également avoir un effet sur l’appétit. 

 

Sources 

HAS • Obésité de l’adulte : prise en charge de 2e et 3e niveaux • juin 2022, page 129

http://stacommunications.com/journals/leclinicien/2014/04-June/04CLI_028.pdf

Kluge, M., Schuld, A., Himmerich, H., Dalal, M., Schacht, A., Wehmeier, P. M., … & Pollmächer, T. (2007). Clozapine and olanzapine are associated with food craving and binge eating: results from a randomized double-blind study. Journal of clinical psychopharmacology, 27(6), 662-666.

https://www.msdmanuals.com/fr/professional/multimedia/table/effets-de-certains-m%C3%A9dicaments-sur-lapp%C3%A9tit-sur-labsorption-des-aliments-et-sur-le-m%C3%A9tabolisme

https://www.vidal.fr/sante/nutrition/corps-aliments/appetit.html

 

 

EN CONCLUSION 

Les troubles compulsifs peuvent être particulièrement envahissants et déstabilisant pour le corps et l’estime de soi toutefois ces comportements peuvent aussi être analysés comme des signaux d’insatisfaction de un ou  plusieurs besoins énergétique, hédonique, social, émotionnel qu’il est utile d’explorer.

 

les réponses à apporter pourraient donc les suivantes : 

  • manger suffisamment, sans sauter de repas, disposer de collations si besoin 
  • choisir une alimentation saine de type méditerranéenne mais non restrictive
  • être satisfait de ses repas
  • travailler la tolérance à la frustration et l’impulsivité  
  • réduire l’exposition aux déclencheurs de compulsions 
  • disposer de différentes sources de bien être et de plaisir (autres que la nourriture)
  • apprendre à mieux identifier, tolérer et réguler ses émotions
  • travailler la place de l’image corporelle et de ses autres valeurs dans l’estime de soi 
  • travailler à accepter et tolérer son corps à défaut de l’aimer 

 

Un accompagnement psychologique ou psychiatrique pourrait être nécessaire notamment en cas d’anxiété et autres troubles de l’humeur et pour celles et ceux qui souffrent de psychotraumatismes favorisant les troubles alimentaires.  

Les thérapies de type cognitivo comportementales couplées à l’hypnose sont des thérapies prometteuses.

 

Sources

Delestre, F., Lehéricey, G., Estellat, C., Diallo, M. H., Hansel, B., & Giral, P. (2022). Hypnosis reduces food impulsivity in patients with obesity and high levels of disinhibition: HYPNODIET randomized controlled clinical trial. The American journal of clinical nutrition115(6), 1637-1645.

Ramondo, N., Gignac, G. E., Pestell, C. F., & Byrne, S. M. (2021). Clinical hypnosis as an adjunct to cognitive behavior therapy: An updated meta-analysis. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis69(2), 169-202.

 

 

Article écrit par Katia Tardieu, diététicienne nutritionniste

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