Quelle alimentation adopter quand on a du cholestérol ?
Qu’est ce que le cholestérol ? J’ai du cholestérol, pourtant je ne mange pas gras ! Le cholestérol constitue t’il un risque pour ma santé ? Quelles bonnes habitudes adopter quand on a du cholestérol ? Puis je faire mieux pour éviter la mise en place d’un traitement médicamenteux ? Est ce que je peux prendre des compléments alimentaires à la place d’un médicament ? Votre dernier bilan sanguin montre que vous avez du cholestérol et votre médecin vous demande de suivre un régime adapté en consultant une diététicienne. Votre dernier bilan sanguin montre que vous avez du cholestérol et votre médecin vous demande de suivre un régime adapté en consultant une diététicienne. Un prochain RDV est prévu dans 3 mois avec le médecin et une nouvelle prise de sang pour faire le point.
Pour mieux comprendre les termes employés dans cet article voici un petit lexique :
Cholestérol : Une graisse essentielle fabriquée par le foie et présente dans certains aliments, qui sert à construire les cellules et à fabriquer certaines hormones.
Lipoprotéines : Des particules qui transportent les graisses (comme le cholestérol) dans le sang, car les graisses ne peuvent pas circuler seules dans un liquide.
Chylomicron : Une grosse lipoprotéine fabriquée par l’intestin après un repas pour transporter les graisses alimentaires vers le reste du corps.
HDL cholestérol : Le « bon » cholestérol, qui ramène l’excès de cholestérol des tissus vers le foie pour qu’il soit éliminé.
LDL cholestérol : Le « mauvais » cholestérol, qui transporte le cholestérol vers les tissus et peut s’accumuler dans les artères s’il est en excès.
Triglycérides : La forme sous laquelle le corps stocke l’énergie provenant des graisses, en réserve dans les cellules graisseuses.
Acides biliaires : Des substances fabriquées par le foie à partir du cholestérol, qui aident à digérer les graisses dans l’intestin.
Plaque d’athérome : Un dépôt de graisses, de cholestérol et d’autres substances qui s’accumule sur la paroi interne des artères et peut les boucher.
Athérosclérose : C’est une maladie chronique des petites et moyennes artères caractérisée par une accumulation de graisses (cholestérol), de cellules inflammatoires et de calcium à l’intérieur de leur paroi interne et entrainant le rétricissement progressif de leur diamètre.
Graisses ou acides gras saturés : Des graisses souvent d’origine animale (beurre, viande grasse), solides à température ambiante, dont l’excès peut augmenter le LDL cholestérol.
Graisses ou acides gras insaturés : Des graisses souvent d’origine végétale ou issues du poisson (huile d’olive, huile de colza, poisson gras), liquides à température ambiante, généralement bénéfiques pour le cœur.
Acides gras trans : Des graisses souvent fabriquées industriellement (par hydrogénation d’huiles végétales), présentes dans certains produits transformés (viennoiseries industrielles, plats préparés, fritures),particulièrement néfastes car elles augmentent le LDL cholestérol tout en diminuant le HDL cholestérol.
QU’EST CE QUE LE CHOLESTÉROL
On le trouve dans les membranes des cellules animales ce qui leur confère une certaine rigidité et perméabilité. Le cholestérol est également précurseur d’hormones stéroidiennes, sexuelles, des sels biliaires, de la vitamine D… Il est donc nécessaire à notre organisme.
COMPRENDRE MON BILAN SANGUIN : le bilan lipidique
Le cholestérol circule dans le sang sous plusieurs formes dans différentes molécules de transport selon son origine et son devenir dans l’organisme :
- Le cholestérol et les autres graisses issus de la digestion des aliments consommés, circulent dans des molécules appelées chylomicrons qui distribuent ces graisses aux tissus adipeux et musculaire puis au foie et aux cellules qui en ont besoin
- Le cholestérol produit par le foie circule dans des lipoprotéines (VLDL, LDL, HDL, IDL)
- les lipoprotéines HDL (High density cholestérol) transportent du cholestérol recyclé : ces molécules de transport ont pour rôle de récupérer le cholestérol (et autres graisses) provenant de cellules/ tissus et des autres lipoprotéines, pour les redistribuer aux cellules qui en ont besoin et pour les rapporter au foie où il sera recyclé en acide biliaire. De nombreuses études épidémiologiques ont confirmé le rôle anti-athérogène du HDL, conduisant à la notion de « bon cholestérol »
- les lipoprotéines LDL (Low density cholestérol) assurent le plus gros du transport du cholestérol vers les cellules de l’organisme/ tissus qui en ont besoin. Lorsque le LDL-cholestérol circule en excès dans le sang, il est susceptible de s’accumuler dans la paroi des artères à l’origine de la constitution de plaques d’athérome à l’origine d’une augmentation du risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire. En effet les plaques d’athéromes constituées à l’intérieur des artères et vaisseaux peuvent progressivement les obstruer ce qui empêche le sang d’irriguer efficacement les tissus et organes.
Le bilan sanguin lipidique dose ces différentes fractions de graisses qui circulent dans le sang comme :
- le cholestérol total
- le cholestérol LDL (Low density cholestérol)
- le cholestérol HDL (High Density cholestérol)
- les triglycérides
Le cholestérol total, le LDL cholestérol et des triglycérides élevés constituent des facteurs de risque pour la santé cardiovasculaire.
A contrario, un HDL trop bas constitue également un facteur de risque cardiovasculaire.
Dans un bilan sanguin, les valeurs cibles idéales des graisses du sang pour un patient donné dépendent du niveau de son risque cardiovasculaire préexistant. Le risque cardiovasculaire est établi par votre médecin en considérant votre état de santé et mode de vie.
En l’absence de facteurs de risque cardiovasculaire, les taux suivants sont considérés comme normaux : (source AMELI)
- un taux de cholestérol total inférieur à 2 g/l ;
- un taux de LDL-cholestérol inférieur à 1,6 g/l ;
- un taux de HDL-cholestérol supérieur à 0,4 g/l ;
- un taux de triglycérides inférieur à 1,5 g/l.
En présence de facteurs de risques cardiovasculaires, les valeurs à atteindre de cholestérol LDL et de triglycérides doivent être plus basses.
En l’absence de maladie cardiovasculaire, votre médecin définit la valeur cible de LDL cholestérol à atteindre après avoir évalué votre niveau de risque cardiovasculaire grace à l’échelle SCORE2 (Systematic Coronary Risk Estimation version 2) qui prend en compte les chiffres tensionnels, l’âge, le sexe, le tabac, les valeurs de cholestérol. D’autres paramètres entrent également en jeu, comme la présence d’une obésité ou d’autres maladies coexistantes.
Qu’est ce qu’on appelle bon et mauvais cholestérol
Le HDL cholestérol est appelé bon cholestérol car c’est celui qui retourne au foie pour être recyclé
Le LDL cholestérol est appelé mauvais cholestérol car c’est celui qui est transporté vers les cellules de l’organisme, les tissus, les artères où il est susceptible de se déposer et s’accumuler pour constituer les plaques d’athérome dangereuses pour la santé.
Les triglycérides TG
Ces autres graisses du sang, en excès peuvent également constituer un risque cardiovasculaire indépendamment de l’hypercholestérolémie. L’élévation des TG est souvent la conséquence d’autres pathologies (obésité, diabète, syndrome métabolique…) mais elles peuvent aussi avoir un caractère génétique.
Source
- Charrière, S. (2024). Comment traiter une hypertriglycéridémie?. La Presse Médicale Formation, 5(2), 132-139.
POURQUOI SURVEILLE T’ON LE CHOLESTEROL QUI CIRCULE DANS LE SANG
Le médecin surveille en particulier le LDL cholestérol car c’est celui qui est susceptible de se déposer sur la paroi interne des artères conduisant à l’athérosclérose.
Plus le LDL cholestérol est élevé, plus le risque cardiovasculaire augmente.
L’athérosclérose est une maladie des artères qui se bouchent progressivement par une accumulation de graisses (comme le cholestérol), de sucres, de sang, de calcium et autres minéraux. La diminution progressive du calibre des artères diminue le flux sanguin qui vient à manquer petit à petit au cerveau, au coeur, ceci pouvant être à l’origine d’AVC, de maladies cardiovasculaires, en particulier si cette pathologie est associée à l’hypertension.
Sources
D’OU VIENT LE CHOLESTÉROL
Le cholestérol est en majorité produit par notre propre organisme, et en particulier par les cellules du foie et de l’intestin. Le cholestérol alimentaire ne représente en réalité qu’environ 25 % du taux de cholestérol qui circule dans le sang chez l’homme, le reste du cholestérol provient d’une synthèse endogène dans le foie principalement à partir d’une molécule précurseur appelée l’acétyl CoA.
Seule une petite partie du cholestérol qui circule dans le sang provient de notre alimentation. Certains aliments contiennent naturellement plus de cholestérol comme le jaune d’oeuf, les viandes, les abats. Toutefois, les études ne démontrent pas de relation causale entre la consommation d’aliments riches en cholestérol et l’augmentation du cholestérol sanguin. D’ailleurs, plus on consomme d’aliments contenant du cholestérol, plus son absorption par le tube digestif diminue .
Ce n’est pas le cholestérol des aliments qui circule dans les particules HDL et LDL cholestérol du sang (et qui sont mesurés dans nos bilans biologiques) mais le cholestérol qui est produit par notre organisme. C’est donc principalement le cholestérol produit par notre organisme qui est mesuré et qui constitue un facteur de risque pour notre santé.
Toutefois, notre alimentation est capable de stimuler la production de cholestérol endogène, et cette production est accrue avec la consommation d’aliments contenant certains acides gras saturés et acides gras trans .
En conclusion, le cholestérol du sang provient essentiellement d’une production endogène. Il ne faut pas avoir peur de consommer des aliments contenant du cholestérol, mais pour contrôler son cholestérol sanguin il est utile de surveiller sa consommation d’aliments riches en acides gras saturés et acides gras trans.
Sources
- Cha, D. et Park, Y. Association entre le cholestérol alimentaire, ses sources et le risque d’hypercholestérolémie : l’enquête nationale coréenne sur la santé et la nutrition (2012-2016). Nutrients 2019 , 11 , 846. https://doi.org/10.3390/nu11040846
- Berger S, Raman G, Vishwanathan R, Jacques PF, Johnson EJ. Dietary cholesterol and cardiovascular disease: a systematic review and meta-analysis. Am J Clin Nutr. 2015 Aug;102(2):276-94. doi: 10.3945/ajcn.114.100305. Epub 2015 Jun 24. PMID: 26109578.
J’AI DU CHOLESTÉROL : QUAND METTRE EN PLACE LES MESURES DIÉTÉTIQUES et durant combien de temps ?
La société française de cardiologie recommande la mise en place d’un traitement diététique en première intention en présence d’une anomalie lipidique et de tout facteur de risque cardiovasculaire.
Le traitement médicamenteux peut être débuté après 3 mois de régime contrôlé en graisse si le contrôle de LDL-C reste éloigné de l’objectif, ou d’emblée si le LDL-C est très supérieur à l’objectif, en particulier en prévention secondaire.
Dans tous les cas, le traitement diététique est poursuivi au long cours, associé ou non au traitement médicamenteux.
COMMENT AMÉLIORER MON BILAN LIPIDIQUE ET LE CHOLESTÉROL SANGUIN GRÂCE À L’ALIMENTATION
Réduire le cholestérol sanguin, et en particulier le taux de LDL cholestérol est une des mesures permettant la prévention des maladies cardiovasculaires.
Réduire des triglycérides trop élevés et augmenter un HDL cholestérol trop bas sont également des objectifs importants car ils constituent également des facteurs de risques cardiovasculaires.
En 2019 et 2025 la société européenne de cardiologie a évalué et présenté ses recommandations, le niveau de preuve et l’efficacité attendue de différentes mesures alimentaires et d’hygiène de vie sur les taux de LDL cholestérol, de triglycérides et de HDL cholestérol.
1/ Il faut réduire le taux de LDL cholestérol sanguin
Les mesures alimentaires ayant démontré des preuves scientifiques suffisantes (mesure d’effet ++ grade A) pour diminuer les taux de LDL Cs sont de réduire ses apports d’acides gras saturés et acides gras trans, augmenter la consommation de fibres ou perdre du poids en cas de surpoids/obésité.
Certains compléments alimentaires comme la levure de riz rouge, les oméga 3 ou les aliments enrichis en phytostérols présentent également des bénéfices sur la réduction des taux de LDL cholestérol mais leur usage n’est pas recommandée par la société européenne de cardiologie en 2025 car elles n’ont démontré aucun bénéfice clinique sur la réduction des maladies cardiovasculaires.
Diminuer le cholestérol alimentaire (présent dans les oeufs notamment), n’est pas considéré comme une mesure particulièrement pertinente (mesure d’effet +, grade B)
2/ Il faut augmenter le HDL cholestérol si celui ci est bas
La mesure la plus efficace scientifiquement établie pour augmenter le bon cholestérol (HDL cholestérol) est d’augmenter la pratique de l’exercice physique.
La perte de poids, la diminution des acides gras trans et des apports glucidiques (sucres) sont d’autres mesures qui peuvent avoir un impact mais plus modeste.
3/ Il faut diminuer le taux de triglycérides sanguins
La mesure la plus efficace pour diminuer les triglycérides est de réduire sa consommation d’alcool si on est buveur. Augmenter l’exercice physique, ses apports en acides gras insaturés de type oméga 3, diminuer sa consommation de glucides et de sucres simples sont d’autres mesures que l’on peut associer mais dont l’efficacité est moindre.
Tableau de l’effet des mesures visant à réduire le LDL Cs (source : société européenne de cardiologie : 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias: lipid modification to reduce cardiovascular risk)
Sources
- https://www.anses.fr/fr/content/les-lipides
- oeuf et cholestérol : Carter, S., Hill, A. M., Yandell, C., Wood, L., Coates, A. M., & Buckley, J. D. (2025). Impact of dietary cholesterol from eggs and saturated fat on LDL cholesterol levels: a randomized cross-over study. The American Journal of Clinical Nutrition, 122(1), 83-91.
- Schoeneck M, Iggman D. The effects of foods on LDL cholesterol levels: A systematic review of the accumulated evidence from systematic reviews and meta-analyses of randomized controlled trials. Nutr Metab Cardiovasc Dis. 2021 May 6;31(5):1325-1338. doi: 10.1016/j.numecd.2020.12.032. Epub 2021 Jan 16. PMID: 33762150.
COMMENT DIMINUER SON CHOLESTÉROL SANGUIN ET AMÉLIORER SON BILAN LIPIDIQUE EN PRATIQUE
Pour améliorer son bilan lipidique (diminuer le cholestérol total et LDL, augmenter le HDL et diminuer les triglycérides) il faut agir en priorité sur :
- la perte de poids si on est en surpoids ou obésité
- la quantité et la qualité des graisses alimentaires : réduire les apports en graisses totales de son alimentation et rééquilibrer les différents types de lipides entre les acides gras saturés, insaturés et trans.
1/Perdre du poids
Une perte de poids de 5 à 10% du poids si on est en surpoids est souvent suffisante pour permettre une amélioration des bilans glycémiques et lipidiques.
Une alimentation modérément hypocalorique permettra en général d’aboutir à une perte de poids. Quelques petits ajustements dans les habitudes alimentaires peuvent suffire. Pour celà vous pouvez vous faire aider par un diététicien nutritionniste qui réalisera un bilan alimentaire complet avant d’adapter ses conseils à votre situation et profil.
2/ Réduire globalement ses apports en lipides
Si on mange trop gras, il est utile de réduire globalement ses apports en graisses/ lipides
Les lipides doivent représenter 35%-40% des apports caloriques quotidiens chez un adulte bien portant (source ANSES). Pour un apport moyen de 2000 kcal par jour, ceci revient à 80-90g de graisses totales apportées par les graisses ajoutées lors des assaisonnements, cuissons et celles présentes naturellement ou ajoutées dans les aliments (produits laitiers, viandes/oeufs/poisson, produits gras sucrés/salés, graines et oléagineux, produits industriels, fritures, sauces, produits de viennoiserie, biscuiterie, chocolat…).
En cas de dyslipidémie, on recommandera un apport lipidique total ne dépassant pas 35-40% de l’apport calorique total (recommandations européennes de cardiologie), voire moins, et on accentuera les conseils vers une amélioration de la qualité des lipides.
3/ Rééquilibrer les différents lipides de son alimentation : la qualité avant tout
Il existe différentes sortes de lipides et tous n’ont pas les mêmes effets sur le risque cardiovasculaire. Parmi les lipides alimentaires on retrouve le cholestérol, et différentes catégories d’acides gras.
On distingue les différentes catégories d’acides gras car ils n’ont pas les mêmes effets biologiques. On peut répertorier :
- les acides gras TRANS,
- les acides gras SATURÉS
- les acides gras INSATURÉS (monoinsaturés et polyinsaturés)
Un acide gras saturé n’a pas la même structure chimique qu’un acide gras insaturé et celà fait toute la différence en termes de santé. L’insaturation fait référence à la présence de doubles liaisons chimique entre les molécules de carbone au sein de l’acide gras. Un acide gras TRANS fait référence à la configuration particulière de la molécule dans l’espace.
Pour une bonne santé, on cherchera à atteindre une proportion idéale entre les différents types d’acides gras en priorisant les acides gras insaturés au dépend des acides gras saturés et trans.
Pour réduire le taux de LDL cholestérol, on cible
- la diminution des acides gras saturés et trans
- l’augmentation des acides gras insaturés (mono et poly).
NB : On a vu précédemment que le cholestérol alimentaire avait peu d’impact sur l’augmentation du LDL Cholestérol.
Réduire la consommation des acides gras TRANS
Existant naturellement dans la viande et les produits laitiers, les gras trans les plus consommés sont ceux provenant des aliments transformés.
Les acides gras trans produits industriellement résultent d’un processus consistant à ajouter de l’hydrogène à l’huile végétale, ce qui modifie sa structure chimique, la rendant solide. Ils sont formés lorsque des huiles liquides sont transformées en graisses solides (par exemple les margarines) par hydrogénation partielle.
Les acides gras trans naturels proviennent des ruminants (les vaches et les moutons, par exemple), ils sont présents dans la viande et les produits laitiers et sont tout aussi nocifs que les acides gras trans produits industriellement.
Le fait de chauffer une huile de friture à haute température entraîne également une augmentation des concentrations d’acides gras trans. Cependant, la quantité d’acides gras trans ainsi produite est faible (2 % à 3 % au maximum) par rapport à la quantité d’acides gras trans présents dans les huiles partiellement hydrogénées.
(source OMS)
L’OMS recommande, pour les adultes, de limiter la consommation d’acides gras trans à moins de 1 % de l’apport énergétique total, soit moins de 2,2 g par jour, pour 2000 calories.
Dans quels aliments trouve t’on des graisses trans
Les recommandations de l’OMS et celles de l’ANSES pour réduire la consommation d’acides gras trans
- Eviter les huiles partiellement hydrogénées présentes dans les aliments frits et cuits au four (si elles sont indiquées sur l’étiquetage du produit)
- Réduire la consommation de certains aliments forts contributeurs d’AG trans (viennoiseries, pâtisseries, produits de panification industrielle, barres chocolatées, biscuits)
- Consommer des steaks hachés à 5% de matières grasses de préférence à des steaks hachés à 15% de matières grasses, ce qui permet de réduire les apports en AG trans totaux de 0,1 g/j.
- Réduire la consommation de viande et de produits laitiers provenant de ruminants (par exemple, les boeufs/vaches/veaux, les moutons/brebis/agneaux et les chèvres).
Sources
- https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/trans-fat#:~:text=Les%20acides%20gras%20trans%20n,les%20produits%20laitiers%20des%20ruminants.
- Question réponse sur les acides gras trans – ANSES https://www.anses.fr/system/files/NUT-QR-Agtrans.pdf
Réduire la consommation des acides gras SATURÉS
Les acides gras saturés majorent le LDL-Cs et l’apport journalier ne devrait pas dépasser 12% chez les adultes en bonne santé (recommandations de l’ANSES sur les lipides) soit 26g par jour pour 2000 kcal.
La société européenne de cardiologie recommande un consommation d’acides gras saturés inférieur à 10 % de l’apport calorique total (22g/j maxi) et encore réduite à moins de 7 % de l’énergie en cas d’hypercholestérolémie (soit 15g par jour maxi).
Parmi la grande diversité d’acides gras saturés ce sont essentiellement les acides gras myristique, stéarique, palmitique qui devraient être diminués et qui ne devraient pas représenter plus de 8% de la ration énergétique (17g/j).
Pour réduire le taux de LDL Cs, ces acides gras devraient être substitués par des acides gras mono et poly insaturés tels que l’acide oléique, et des acides gras polyinsaturés (cf plus bas)
Dans quels aliments trouve t’on des acides gras saturés :
Les acides gras saturés qui doivent être diminués de notre alimentation sont apportés par les aliments d’origine animale et les graisses exotiques.
Il faudra donc diminuer les aliments comme le beurre, la crème, les laitages gras et les fromages, les charcuteries, les viandes grasses, la peau des volailles, les viennoiseries, les pâtisseries, le cacao, l’huile de coco et de palme, les produits fabriqués à partir des produits indiqués ne devraient être consommées qu’à l’occasion.
Exemples d’aliments particulièrement riches en acides gras myristique, stéarique, palmitique (source CIQUAL) à limiter – acides gras saturés dont l’apport ne devrait pas dépasser 8% soit 17g par jour pour 2000 kcal
Augmenter sa consommation des acides gras INSATURÉS
Pour améliorer le profil du bilan lipidique sanguin et pour un bénéfice cardiovasculaire les graisses trans et saturées devraient être remplacées par des aliments et matières grasses contenant des acides gras insaturés (monoinsaturés et poly insaturés).
Certaines de ces graisses insaturées sont dites indispensables car notre corps est incapable de les fabriquées, or elles sont nécessaires au fonctionnement du corps humain.
Ce sont des produits végétaux (graines, noix) et les graisses qui en sont issues (huiles végétales) qui contiennent ces acides gras insaturés. Les poissons gras contiennent également des acides gras indispensables polyinsaturés de type oméga 3 EPA (acide Acide Eicosapentaénoïque) et DHA (Acide Docosahexaénoïque) actifs sur la protection du cœur, la circulation sanguine et la réduction de l’inflammation et au bon fonctionnement du cerveau, du système nerveux et de la rétine (vision).
Augmenter ses apports en fibres
Les fibres sont des composés indigestibles présents dans les fruits, légumes, légumineuses, graines et céréales complètes. L’ effet des fibres, et en particulier des fibres solubles, est favorable à la diminution du cholestérol total et LDL cholestérol sanguin par plusieurs mécanismes potentiels notamment en se liant aux acides biliaires et au cholestérol, favorisant leur élimination fécale.
Par ailleurs, de nombreuses études épidémiologiques font état d’une relation inverse entre la consommation de fibres et les maladies coronariennes.
En France, les recommandations du PNNS et de l’ANSES ciblent des apport d’au moins 25g/30g de fibres par jour, sachant que des apports supérieurs pourraient être préférables (jusqu’à 40g par jour)
Sources :
Brown, L., Rosner, B., Willett, W. W., & Sacks, F. M. (1999). Cholesterol-lowering effects of dietary fiber: a meta-analysis. The American journal of clinical nutrition, 69(1), 30-42.
Adopter une cuisine méditerranéenne (régime méditerrannéen, régime DASH)
Ces modèles de régimes ont été longuement étudiés pour leur bénéfices santé et notamment la santé cardiovasculaire. Si les régimes méditerrannéen / DASH étudiés sont assez hétérogènes, on retrouve de façon constante la présence de nutriments et aliments clés comme : un rapport élevé d’acides gras monoinsaturés/acides gras saturés (utilisation d’huile d’olive extra vierge comme ingrédient principal de cuisson et/ou consommation d’autres aliments traditionnels riches en acides gras monoinsaturés comme les noix) et un apport élevé en végétaux, notamment les fruits, les légumes, et les légumineuses, une consommation faible à modérée de vin rouge, une consommation élevée de céréales complètes, une faible consommation de viande et de produits carnés/ viandes transformées, une consommation accrue de poisson et une consommation modérée de lait et de produits laitiers.
Les recommandations de santé publique dans plusieurs pays (à travers le PNNS en France) promeuvent ces modèles alimentaires comme des modèles sains.
Une analyse de la littérature parue dans la revue cochrane en 2019 souligne toutefois, que malgré des données observationnelles favorables au modèle de régime méditerrannéen, il subsiste des incertitudes sur les effets de tels régimes en prévention primaire ou secondaire des maladies cardiovasculaires
Sources
- Rees K, Takeda A, Martin N, Ellis L, Wijesekara D, Vepa A, Das A, Hartley L, Stranges S. Régime méditerranéen pour la prévention primaire et secondaire des maladies cardiovasculaires. Cochrane Database of Systematic Reviews 2019, numéro 3. Art. n° : CD009825. DOI : 10.1002/14651858.CD009825.pub3. Consulté le 13 août 2026.
Peut on manger des oeufs quand on a du cholestérol et quelle est sa place dans la prévention des maladies cardiovasculaires
Le mythe concernant le rôle des œufs sur l’augmentation des concentrations de cholestérol sanguin a du plomb dans l’aile. Celà fait bien longtemps que ce mythe est démonté.
L’oeuf est un aliment peu cher, riche en protéines de qualité et sain, bien que riche en cholestérol. Cependant il est établi d’une part que le cholestérol d’origine alimentaire n’influence pas le LDL cholestérol sanguin et d’autre part les méta-analyses sur le sujet ne démontrent pas de lien entre consommation d’oeuf et maladies cardiovasculaire jusqu’à un oeuf par jour.
La société française de cardiologie conclut qu’une consommation modérée d’œufs (jusqu’à trois portions de deux œufs par semaine, soit un œuf par jour) peut être autorisée pour les patients en bonne santé.
Toutefois, ils imposent la prudence aux patients souffrant d’hyperlipidémie ou de diabète, en conseillant de ne pas dépasser une consommation hebdomadaire de trois œufs.
Sources
- Gabriele Riccardi, Annalisa Giosuè, Ilaria Calabrese, Olga Vaccaro, Recommandations diététiques pour la prévention de l’athérosclérose, Recherche cardiovasculaire , Volume 118, Numéro 5, avril 2022, Pages 1188-1204, https://doi.org/10.1093/cvr/cvab173
- https://www.cambridge.org/core/journals/journal-of-nutritional-science/article/dietary-saturated-fat-and-cholesterol-cracking-the-myths-around-eggs-and-cardiovascular-disease/7974A42F76F38385A273C83F612C9516
QUELS ALIMENTS METTRE DANS SES MENUS POUR LA PRÉVENTION CARDIOVASCULAIRE
En synthèse, les végétaux, les céréales complètes, les légumineuses, les matières grasses végétales, les poissons gras, les viandes maigres, les laitages maigres doivent être présents dans les assiettes.
Les viandes grasses, les laitages gras, les fromages, les produits ultratransformés, les céréales raffinées, les graisses animales, lesproduits sucrés doivent être fortement réduits.
Source : Gabriele Riccardi, Annalisa Giosuè, Ilaria Calabrese, Olga Vaccaro, Recommandations diététiques pour la prévention de l’athérosclérose, Recherche cardiovasculaire , Volume 118, Numéro 5, avril 2022, Pages 1188-1204, https://doi.org/10.1093/cvr/cvab173
Recommandations alimentaires selon les données disponibles sur le lien entre les choix alimentaires et le risque d’athérosclérose. Le rouge indique une association avec un risque accru d’athérosclérose ; le jaune indique une association neutre avec le risque d’athérosclérose pour une consommation modérée ; le vert indique une association avec un risque moindre d’athérosclérose. 1 Les fruits en conserve ne doivent pas remplacer les fruits frais. 2 La quantité peut varier en fonction des besoins énergétiques.
SYNTHÈSE DES RECOMMANDATIONS NUTRITIONNELLES
Vous trouverez ci dessous une synthèse des recommandations alimentaires relatives au cholestérol et à la protection cardiovasculaire.
Vous trouverez dans un prochain article les recommandations concernant l’usage des compléments alimentaires et leur efficacité pour réduire la cholestérolémie.
Sources :
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Recommandations ESC/EAS 2019 pour la prise en charge des dyslipidémies : modification du profil lipidique pour réduire le risque cardiovasculaire : Groupe de travail sur la prise en charge des dyslipidémies de la Société européenne de cardiologie (ESC) et de la Société européenne d’athérosclérose (EAS), European Heart Journal , Volume 41, Numéro 1, 1er janvier 2020, Pages 111–188. https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehz455
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Mise à jour ciblée 2025 des lignes directrices ESC/EAS 2019 pour la gestion des dyslipidémies : élaborées par le groupe de travail pour la gestion des dyslipidémies de la Société européenne de cardiologie (ESC) et de la Société européenne de l’athérosclérose (EAS), European Heart Journal , Volume 46, Numéro 42, 7 novembre 2025, Pages 4359–4378,
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Gabriele Riccardi, Annalisa Giosuè, Ilaria Calabrese, Olga Vaccaro, Recommandations diététiques pour la prévention de l’athérosclérose, Recherche cardiovasculaire , Volume 118, Numéro 5, avril 2022, Pages 1188-1204, https://doi.org/10.1093/cvr/cvab173
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QUELLES AUTRES MESURES POUR LA PROTECTION CARDIO VASCULAIRE
Outre la diminution du cholestérol sanguin et l’adoption de saines habitudes alimentaires il est également indispensable de considérer les autres mesures à associer pour la santé cardiovasculaire comme :
Maintenir une tension stable (à l’aide de médicaments, de gestion du stress, de la perte de poids)
Maintenir un poids stable, perdre du poids en cas de surpoids
Limiter les temps de sédentarité et maintenir une activité physique régulière
Préserver son sommeil en quantité et qualité
Arrêter le tabac le cas échéant
Avoir une glycémie stable en cas de diabète
Diminuer ses apports en sel
Pourquoi consulter un diététicien quand on a du cholestérol ?
Le diététicien nutritionniste est le professionnel idéal pour vous aider à adopter pas à pas de meilleures habitudes alimentaires. Partenaire du médecin traitant ou du cardiologue, il vous aidera à réduire votre taux de cholestérol sanguin et/ou vous acompagnera si besoin dans une démarche de poids qui sera tout aussi favorable à votre santé vasculaire.
Article rédigé par Katia Tardieu, diététicienne nutritionniste











