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Alimentation et prévention des cancers réalités et mythes

20 octobre 2026

L’alimentation, un facteur parmi d’autres 

L’alimentation est l’un des facteurs modifiables permettant de prévenir le risque de nombreux cancers. Néanmoins les cancers étant multifactoriels, d’autres facteurs interviennent tels que le tabac, l’alcool, les agents infectieux, les traitements hormonaux, les rayons UV, les particules fines et certains facteurs liés à l’environnement professionnel. 

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a estimé la part de cancers attribuables aux facteurs de risque de cancer liés au mode de vie et à l’environnement en France en 2015, dont les facteurs liés à l’alimentation.

Le cancer est l’une des maladies chroniques avec le diabète, les maladies cardiovasculaires, les maladies rénales qui sont influencés par une mauvaise nutrition. Toutefois l’alimentation est loin d’être le facteur le plus influençant. 

Parmi les 346 000 nouveaux cas de cancer diagnostiqués chez les adultes en France en 2015 (BEH 2018), 41% seraient attribuables à 13 facteurs de risque identifiés. 59% des cas de cancer ont quant à eux une origine non identifiée ou non mesurable (ex : génétique, age, hasard)

Le  tabac était responsable du plus grand nombre de cas (20%), venaient ensuite l’alcool, l’alimentation et le surpoids et l’obésité, responsables respectivement de 8,0%, 5,4% et 5,4% de l’ensemble des nouveaux cas de cancers. 

 

Source BEH santé publique France juin 2018 : Les cancers attribuables au mode de vie et à  l’environnement en France en 2015 // Cancers attributable to lifestyle and environment risk factors in France in 2015

 

 

Sur l’ensemble de la population, hommes et femmes confondus, une faible consommation de fruits et de fibres alimentaires et une consommation élevée de viandes transformées contribuaient le plus au nombre de cas de cancer diagnostiqués en France, en 2015.

Cet article va répertorier les facteurs alimentaires reconnus comme protecteurs ou comme facteurs de risques de cancer considérant les niveaux de preuves scientifiques disponibles à ce jour. Les principales ressources utilisées pour rédiger cet article sont celles du réseau NACRE et de l’INCA.

Les liens entre alimentation et cancer sont étudiés depuis longtemps. La littérature scientifique est abondante sur le sujet avec toutefois des niveaux de preuve et de fiabilité très inégaux. 

Seule une compilation et une analyse fine des résultats permettent d’en tirer des recommandations pour la population. 

 Les facteurs nutritionnels sont classés en deux groupes : ceux qui augmentent les risques de cancer et ceux qui diminuent les risques de cancer. 

En 2015, les recommandations parues dans Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données, collection État des lieux et des connaissances, INCa, juin 2015 identifiaient 5 facteurs nutritionnels augmentant les risques de cancer et 4 autres diminuant le risque avec des niveaux de preuves convaincants ou  probables. 

En 2018, paraissent les recommandations WCRF (World Cancer Research Fund / American Institute for Cancer Research. Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Cancer: A Global Perspective. Washington DC : AICR, 2018) dans laquelle ont été étudiés différents  paramètres nutritionnels impliqués ou non dans la prévention et les risques de cancers. 

 

Le tableau ci dessous résume les aliments et facteurs nutritionnels étudiés et les liens avec les cancers en différentes localisations :

Source : Summary of strong evidence on diet, nutrition, physical activity and the prevention of cancer – Word cancer research fund international/ American Institute for cancer research.2018 expert report. 

 

Quelles sont les recommandations nutritionnelles en matière de prévention des cancers

1) Maintenir un poids santé

Il est recommandé de surveiller son poids, de tenter de le maintenir dans une fourchette de poids sain et d’éviter la prise de poids à l’âge adulte car 5,4% des cancers sont attribuables au surpoids et à l’obésité. 

En effet, l’excès de masse grasse, entraîne une inflammation systémique et un stress oxydatif chroniques favorables à la dégradation de l’ADN, une insulinorésistance et une augmentation de la concentration de certaines hormones telles que les hormones stéroidiennes et hormones de croissance favorisant la prolifération cellulaire.

On repère l’excès de masse grasse en routine en combinant les résultats de plusieurs critères : le calcul de l’IMC (Poids/taille²) et/ou la mesure du périmètre abdominal. 

Des mesures plus précises peuvent être réalisées avec un appareil à impédancemétrie qui utilise un courant électrique pour mesurer la conduction des différents tissus (ex : le Z métrix étant celui que j’utilise en consultations) ou mieux encore avec un DEXA scan qui utilise les rayons X (technologie utilisée en laboratoires ou à l’hôpital)

Si “maintenir un poids de santé” est une recommandation qui va de soi, elle est parfois bien difficile à suivre pour nombre de personnes aux prises avec leur surpoids ou leur obésité dont les facteurs favorisant ne se limitent pas à l’excès alimentaire ou un défaut l’activité physique. 

 

Source :

https://www.reseaunacre.eu/prevention-primaire/facteurs-nutritionnels/surpoids-obesite-et-cancer

 

 

2) Etre physiquement actif 

La pratique d’une activité physique modérée et vigoureuse et une diminution du temps de sédentarité sont des facteurs protecteurs de plusieurs cancers.

Comme on peut être actif ET sédentaire, il est utile d’agir à la fois sur le temps dédié à l’activité physique et/ou sportive et à la fois d’agir sur le temps passé assis sans mouvements dans la journée.  

Il n’est pas nécessaire de pratiquer un sport pour celà : bouger dans son quotidien, se déplacer à pied ou à vélo, monter les escaliers, jardiner etc… sont autant de moyens pour augmenter son temps d’activité physique. 

Eviter la position assise plus de 2h d’affilée est un repère pratique pour diminuer le temps de sédentarité. 

L’effet protecteur de l’activité physique sur la prévention des cancers est lié à plusieurs mécanismes dont entre autres à l’effet de l’activité physique sur l’augmentation de l’immunité, la diminution des taux d’hormones circulantes, une meilleure régulation du poids et de la masse grasse, une meilleure régulation du transit.

 

Les recommandations internationales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2010; WHO, 2010) sont d’effectuer au minimum 30 minutes d’AP d’intensité modérée au moins cinq jours par semaine (soit 150 min/semaine) ou au moins 75 minutes d’AP d’intensité soutenue ou une combinaison équivalente d’activités d’intensité modérée et soutenue.

Les activités peuvent être séquencées en périodes d’au moins 10 minutes. Il est également recommandé de pratiquer des activités de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine et des étirements pour préserver sa souplesse et sa mobilité, en plus de ces activités, pour les personnes âgées, il est important d’y ajouter des activités permettant de maintenir l’équilibre. 

 

 

 3) Adopter une alimentation riche en grains entiers, fibres fruits et légumes et légumineuses 

Les fibres alimentaires sont présentes dans les plantes et les végétaux. On retrouve ces composés non digestibles dans le pain, les légumes et les fruits, les légumes secs et les aliments complets et à grains entiers (pain complet, pain aux céréales et graines, pâtes complètes, riz complet…). 

Ils ont un rôle protecteur probable vis à vis des cancers colorectaux car les fibres stimulent le transit intestinal et diminuent ainsi le temps de contact entre les selles et le tube digestif. Elles sont également fermentées par les bactéries coliques où elles libèrent des acides gras à chaîne courte aux propriétés antiprolifératives. 

Les fruits et légumes diminuent probablement les risques de cancer aéro digestifs (combinés : bouche, pharynx, larynx, nasopharynx, œsophage, poumon, estomac, côlon-rectum ) en lien avec la présence de nombreux nutriments et micronutriments et microconstituants favorables à la santé tels que les fibres, les vitamines, les minéraux, des antioxydants. Tous ces constituants contribuent à réguler le transit, diminuer le stress oxydatif, diminuer la prolifération cellulaire et stimuler l’activité immunitaire.

 

Les recommandations sont de consommer  : 

au moins 30g de fibres par jour de différentes sources : grains entiers, légumineuses et céréales complètes. 

5 portions de 80 à 100g de fruits et légumes chaque jour au minimum en les variant au maximum et en évitant les jus

 

NB : Les fruits et légumes regroupent les fruits et les légumes frais, surgelés, en conserve, crus et cuits. 

Les fruits n’incluent pas les noix, les graines et les fruits secs.

Les légumes n’incluent pas les pommes de terre ni les légumes secs. 

 

Sources :

https://www.reseaunacre.eu/prevention-primaire/facteurs-nutritionnels/fruits-legumes-et-cancer

 

 

4) Consommer des produits laitiers

Les produits laitiers regroupent les produits fabriqués à base de lait animal (vache, chèvre, brebis..), excluant les laits végétaux. Cette famille d’aliments regroupe le lait, les laitages type yaourts, petits suisses, fromage blancs, faisselles, et les fromages. 

La consommation de produits laitiers est associée à une diminution probable des risques de cancer colo rectaux et lors de rapports plus anciens il a été suggéré (avec un niveau de preuves limité) une augmentation du risque de cancer de la prostate en cas de consommation élevée de produits laitiers.

Les mécanismes protecteurs seraient d’une part liés à la richesse en calcium des produits laitiers, minéral agissant indirectement et directement et favorablement sur les cellules, leur multiplication, leur différenciation et leur mort. D’autre part, les bactéries/ferments lactiques présents dans certains produits laitiers sont connus pour leur effet favorable sur le tube digestif. 

Si l’effet protecteur du lait est bien établi, l’effet protecteur du fromage reste discuté, l’association étant moins claire. 

 

Les recommandations sont de consommer  : 

2 produits laitiers par jour chez les adultes en limitant le fromage et les produits laitiers gras. 

Les produits végétaux, le beurre, la crème et les desserts lactés sucrés ne sont pas intégrés à ce groupe. 

 

Sources :

https://www.wcrf.org/wp-content/uploads/2024/10/Meat-fish-and-dairy-products.pdf

https://www.reseaunacre.eu/prevention-primaire/facteurs-nutritionnels/produits-laitiers-et-cancer

Dairy products and colorectal cancer risk: a systematic review and meta-analysis of cohort studies – Ann Oncol. 2012 Jan;23(1):37-45.

 

5) Limiter la consommation de fast food et de produits sucrés

Une alimentation appelée occidentale (ou westerndiet) et la consommation des aliments qui le composent, riches en graisses, en sucre, souvent ultra transformés est relié indirectement aux cancers par leur effet défavorable sur le poids.

Par ailleurs, une alimentation composée d’aliments à haut index glycémique tel que les boissons sucrées ou produits ultra raffinés sont reliés au cancer de l’endomètre. 

Les mécanismes sont ceux de l’effet l’obésité et de l’excès de masse grasse sur le métabolisme (insulinorésistance, inflammation systémique, augmentation des taux hormonaux circulants)

 

 

6) Limiter la consommation des viandes rouges et charcuteries et transformées

Ne vous fiez pas à leur couleur, les viandes sont presque toutes classées comme viande rouge.

La viande rouge regroupe toutes les viandes hors volaille : bœuf, veau, agneau, mouton, chèvre, porc, ainsi que les gibiers mammifères (sanglier, cerf, chevreuil…)

Les charcuteries et viandes transformées sont représentées par les viandes en conserve, en salaison, fumaison, séchage : saucisses, saucissons, jambons, lardons, rillettes, pâtés… etc

Les viandes rouges, transformées et charcuteries consommées en excès sont reliées à une augmentation des cancers colorectaux avec un bon niveau de preuve. Le niveau de preuve est convaincant pour la charcuterie et les viandes transformées et probable pour la viande rouge. 

On ne retrouve pas ces liens avec la consommation des volailles, des poissons et des oeufs. 

Les mécanismes des risques sont liés à la présence de fer héminique (lié à l’hémoglobine) dans les viandes rouges générant un stress oxydant, la présence de nitrates, de nitrites, et de sels nitrités, et les modes de cuisson fréquents au grill ou barbecue probablement cancérogènes pour l’homme.

 

Les recommandations sont de consommer  : 

Moins de 500g de viande rouge par semaine – poids de viande après cuisson (boeuf, veau, porc, agneau, mouton, gibiers…)

Moins de 150g de charcuterie et viande transformée par semaine (saucisson, pâté, rillettes, jambons, fumés, salés…)

On privilégiera les volailles, oeufs et poisson pour lesquels il n’y a pas de lien connus avec les cancers

 

 

7) Limiter le sel et les produits salés

Les français consomment environ 8 à 9g de sel par jour et c’est trop. Le sel est omniprésent dans notre alimentation quotidienne, à travers le sel de table, les aliments salés, conservés par le sel ou les produits ultra transformés. 

Une consommation excessive de sel est probablement relié à l’augmentation du risque de cancer de l’estomac par différents mécanismes. Entre autres, le sel modifie la qualité du mucus qui protège, par un effet barrière, la paroi de notre tube digestif permettant la pénétration de composés cancérogène et la colonisations de Hélicobacter Pilori, bactérie pathogène à l’origine de cancer gastrique. 

 

Les recommandations nutritionnelles sont de consommer moins de 6g de sel par jour. 

Pour celà, on favorise les repas faits maison, de réduire les produits ultra transformés, de limiter la charcuterie aux doses recommandées précédemment pour la préservation des cancers colorectaux. Le fromage et le pain sont également de forts pourvoyeurs de sel. On pourra utiliser des épices et des herbes aromatiques pour rehausser la saveur des plats.  

 

 

8) Limiter les sucres libres (sucres simples)

On trouve différents sucres dans les fruits, les laitages, les féculents et légumineuses, les produits ultra transformés et dans les légumes dans une moindre mesure. 

Le sucre, les sucres simples, les sucres complexes, les sucres libres, les glucides : autant de termes qui ont des définitions précises et représentent différentes formes de sucres.

Quand on parle des liens entre sucre et cancer, on parle en général des sucres libres ou des sucres simples, à goût sucré (sucre ajouté, produits et boissons sucrées, fruits, jus de fruits) 

Le mythe du sucre qui favorise le développement du cancer, entretient ou nourrit le cancer est bien ancré. Le lien établi semble à priori plutôt indirect via la prise de poids, créant un environnement proinflammatoire. 

Cependant, il est également probable que la charge glycémique (impact d’un aliment sur la glycémie en fonction de la quantité ingérée) soit également à l’origine de l’augmentation des risques, un lien probable ayant été déjà établi entre charge glycémique et cancer de l’endomètre. 

Apportons toutefois un peu de nuance : les sucres (les glucides, nutriment énergétique englobant tous les sucres, dont l’amidon des féculents) et les produits sucrés (aliments composés de sucre)  le sucre (le saccharose ou sucre de table), sont composés de glucose qui est la source d’énergie principale de notre organisme : les sucres sont donc utiles ! d’autant que les études sur les régimes sans sucre (ex : cétogène) ne démontrent pas de bénéfice dans le traitement des cancers ou des récidives. 

D’autres études sont nécessaires pour mieux faire le distingo entre les différents sucres et le cancer et si ceux ci, indépendamment de la prise de poids, favorisent le cancer.

 

Les recommandations nutritionnelles sont de limiter la consommation des sucres libres (simples et ajoutés) et en particulier ceux provenant des sucres des boissons sucrées (soda, jus, latte sucrés… etc). 

L’OMS cible une consommation de moins de 50g par jour de sucres libres par jour (soit moins de 10% de l’apport énergétique moyen) provenant des jus, boissons sucrées, sucres ajoutés (sucre, miel, confiture, produits sucrés…). Sachant qu’une consommation de moins de 25g est préférable.

Sources

https://www.reseaunacre.eu/zoom-sur/decrypter-comprendre-sucre-et-prevention-du-cancer

https://www.wcrf.org/living-well/living-with-cancer/your-questions-answered/does-sugar-cause-cancer-growth/

https://api.unil.ch/iris/server/api/core/bitstreams/e8ec655b-2fa8-4f33-aee0-2985441338b8/content

 

 

9) Limiter la consommation d’alcool

8% des cancers sont attribuables à la consommation d’alcool, il est juste après le tabac dans les facteurs de cancers évitables. 

C’est l’éthanol de ces boissons qui est un cancérogène convaincant de la Bouche, pharynx, larynx, oesophage, foie, colon rectum, sein post ménopause et probable pour l’estomac et sein avant la ménopause. La transformation de l’éthanol dans le foie en acétaldéhyde est toxique pour l’organisme et modifie la structure de l’ADN.

Toutes les boissons alcoolisées sont donc concernées de la plus à moins alcoolisée : gin, vodka, rhum, whisky, vin, bière, pastis… etc  

Il n’existe pas de seuil plancher : toute consommation d’alcool, même d’un seul verre par jour, augmente significativement le risque de cancer. 

 

Il est recommandé d’éviter la consommation d’alcool ou de réduire sa consommation pour les buveurs. 

Pour les buveurs les repères cibles sont : 

  1. ne pas consommer plus de 10 verres standard par semaine ;

  2. pas plus de 2 verres standard par jour ;

  3. avoir des jours dans la semaine sans consommation

 

Sources :

https://www.cancer-environnement.fr/fiches/nutrition-activite-physique/alcool-et-cancer/

https://www.reseaunacre.eu/prevention-primaire/facteurs-nutritionnels/alcool-et-cancer

 

 

11) Autres facteurs nutritionnels étudiés dans leur lien avec le cancer

 

  • Le café : Sa consommation est reliée à une diminution des risque de cancer du foie et de l’endomètre à un niveau probable
  • Le maté : le maté est une infusion de feuilles séchées de la plante Ilex Paraguariensis. Traditionnellement, cette boisson est bue bouillante. C’est ce mode de consommation à très haute température qui est relié à l’augmentation des cancers oesophagiens. 
  • Les boissons très chaudes : Les consommations de boissons à plus de 65 degré (té, café, maté etc..) est relié à l’augmentation des cancers de l’oesophage avec un niveau de risque probable
  • Les aflatoxines : ce sont des toxines libérées par des moisissures se multipliant dans certains aliments dans des conditions chaudes et humides. Les céréales, les épices, les fruits oléagineux, des fruits secs, le poivre noir peuvent être contaminés. Il est recommandé de ne pas manger ces produits contaminés par les moisissures.
  • L’arsenic dans l’eau de boisson : L’arsenic est un poison cancérigène pour l’homme susceptible de contaminer l’eau courante. Cet arsenic peut aussi bien être issu de l’agriculture que des rejets industriels. 
  • Les compléments alimentaires de bêta carotène : la consommation de compléments alimentaires à base de bêta-carotène à fortes doses (>20 mg/jour) chez les fumeurs et les ex-fumeurs est associée à une augmentation du risque de cancer des poumons avec un niveau de preuve convaincant.  
  • L’allaitement maternel : Avoir allaité son enfant pour les femmes est considéré comme un facteur protecteur probable vis à vis du cancer du sein. Il est recommandé aux jeunes mères, d’allaiter son enfant si celà est possible, de manière exclusive ou mixte. Avoir été allaité est également relié à une diminution des risques de cancer via une meilleure régulation du poids

 

PRODUITS NE FAISANT PAS L’OBJET DE RECOMMANDATIONS VIS A VIS DE LA PRÉVENTION OU DES RISQUES DE CANCER

 

Certains produits alimentaires de consommation courante ou pratiques alimentaires souvent mentionnés parmi le grand public ne font pas l’objet de recommandations spécifiques pour la prévention des cancers : le soja, le thé vert, les pratiques de jeûne, les multivitamines, l’aspartam, l’usage du micro onde, les additifs, le café, le curcuma. 

En effet, soit les allégations sont infondées ou trompeuses, soit les études de qualité manquent sur le sujet.

 

 

  • Le soja et le cancer

Le soja est une légumineuse riche en protéines de bonne qualité pouvant se substituer à la viande dans le contexte d’un régime végétarien. Il peut tout à fait être intégré dans une alimentation diversifiée et équilibrée. 

L’éventuel bénéfice pour la prévention n’est pas confirmé par les grandes études de cohorte* menées en Europe ou en Amérique du Nord. 

Il est recommandé de consommer le soja sans excès : en petite quantité et pas tous les jours.  

La dose à ne pas dépasser est de 1 mg d’isoflavones par kilo de poids corporel et par jour. 

Puisque 100 g d’aliment dérivé du soja apporte entre 10 et 30 mg d’isoflavones environ, il est recommandé de ne pas consommer plus de 2 produits à base de soja par jour.

Quant aux compléments alimentaires à base de soja, ils seraient associés à un risque de cancer du sein non sensible aux hormones, ainsi qu’un risque plus élevé chez les femmes ayant des cas de cancer du sein dans leur famille. 

 

Sources :

https://www.cancer-environnement.fr/fiches/nutrition-activite-physique/soja-et-cancer-du-sein/

https://www.reseaunacre.eu/content/download/5718/49122?version=4

 

 

  • Le thé vert et le cancer

Le thé vert est riche en composés (catéchines notamment) exercant des effets antioxydants et anti inflammatoires, suggérés réduire la multiplication des cellules tumorales. Les études sur les cellules ou les animaux sont encourageantes mais les études chez l’homme sont décevantes et ne permettent pas de prêter cette allégation au thé vert. 

Riche en tanins, le thé vert réduit l’absorption du fer, c’est pourquoi il est préférable de le consommer en dehors des repas. Utilisé comme complément alimentaire, les catéchines de thé vert peuvent être toxiques pour le foie à des doses >800mg par jour.

Actuellement, on ne connaît pas de bénéfice associé à la consommation de thé vert pendant les traitements du cancer. A l’inverse, on sait que le thé vert peut augmenter la toxicité de traitements de chimiothérapie et réduire l’efficacité de la chimio- ou de la radiothérapie. 

Ceci est également vrai pour d’autres compléments alimentaires (curcuma, ail..)

Sources :

https://www.reseaunacre.eu/le-reseau-nacre/outils-tous-publics/depliants-decrypter-comprendre-nacre-2019

https://www.youtube.com/watch?v=X4AuP92LQec&t=1s

https://www.proinfoscancer.org/fr/page/nutrition-cancer-idees-fausses

https://www.cancer.be/les-cancers/facteurs-de-risque/compl-ments-alimentaires-prudence

 

 

  • Le jeûne et le cancer

Beaucoup d’idées reçues circulent sur l’intérêt du jeûne et de la restriction calorique sur la prévention des cancers. Cependant, les données disponibles extrapolées d’études sur les animaux sont insuffisantes pour effectuer une quelconque recommandation en ce sens. 

 

Sources :

https://www.cancer-environnement.fr/fiches/nutrition-activite-physique/jeune-et-cancer/

https://www.reseaunacre.eu/content/download/5467/46591?version=4

 

 

  • L’aspartam et le cancer

L’aspartam est un édulcorant utilisé pour remplacer le sucre. Son pouvoir durant est très intense, une petite quantité suffit donc à bénéficier du gout sucré.

Cet édulcorant est depuis longtemps accusé de favoriser les cancers. Il est classé comme cancerigène probable par les experts de l’IARC et de l’OMS. 

Cependant, la dose quotidienne considérée comme sûre (AJA Apport Journalier Admissible) reste fixé à 40 mg/kg de poids corporel par jour. Pour un adulte de 60 kg, cela représente jusqu’à 2 400 mg d’aspartame par jour, soit l’équivalent de plus de 5 litres de Coca-Cola Light par jour. 

 

Sources :

https://www.cancer-environnement.fr/fiches/nutrition-activite-physique/aspartame-et-cancer/

https://cancer.be/prevention/regime-alimentaire-et-alimentation-saine/

 

 

  • L’usage du four à micro onde et le cancer

Un four à micro-ondes produit un rayonnement électromagnétique dont la fréquence est légèrement inférieure à celle des rayons infrarouges d’une lampe chauffante.  Le rayonnement électromagnétique des fours à micro-ondes n’est pas cancérigène, et il ne « contamine » pas la nourriture, il ne fait que la réchauffer.  

 

Sources :

https://cancer.be/prevention/autres-facteurs-de-risques-cancer/

 

Tableau récapitulatif autres aliments et cancer

 

 

TABLEAU RÉCAPITULATIF DES FACTEURS NUTRITIONNELS ET LIENS AVEC LES CANCERS

 

 

Article rédigé par Katia Tardieu, diététicienne nutritionniste

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